Une nouvelle étape de la rodwellisation


C’est un signe. La toute-puissante Réunion des musées nationaux a trouvé son maître. Elle a été mise au pas par Moulinsart SA.

A l’occasion de l’exposition Hergé au Grand Palais du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017, c’est la société Moulinsart qui aura la mainmise sur la librairie du musée et qui choisira les livres devant figurer dans ses rayonnages. D’ici à penser qu’elle écartera les livres qui ne sont pas à son goût, il n’y a qu’un pas…

C’est assez cocasse de voir la Rmn dans cette position. En effet, on connaît plutôt de cette structure sa rigidité et sa volonté de maîtriser, notamment, les droits de « ses » œuvres. Quitte pour cela à s’adonner au copyfraud : une pratique qui consiste à percevoir des droits de représentation et de reproduction d’œuvres tombées dans le domaine public.

Moulinsart SA, qui tient dans un main de fer les droits de l’œuvre d’Hergé, a, depuis la mort de celui-ci, verrouillé l’accès à toutes ses œuvres. Il est aujourd’hui impossible d’utiliser une simple image de Tintin à des fins de citation ou d’illustration, même d’un malheureux blog. Tous ceux qui ont travaillé sur l’œuvre d’Hergé ont dû faire face à des procès et à des menaces et n’ont pas pu publié leurs travaux comme ils l’entendaient : on pense notamment à Benoît Peeters et ses Bijoux ravis, mais les exemples sont légion. Moulinsart n’a honte de rien et est même capable de menacer voire d’attaquer des skyblogs, des associations, des CDI, etc.

On est bien loin de l’objectif de la Fondation Hergé, créée par Fanny Remi, qui était « de contribuer à la pérennité de l’œuvre […], d’assurer à celle-ci et à l’esprit qui l’anime la diffusion la plus large possible, de favoriser le développement de la bande dessinée dans le respect des critères définis par Hergé à travers ses œuvres »*.

C’est Nick Rodwell qui est à l’origine de ce phénomène, que l’on a surnommé par dérision rodwellisation : il est, depuis la mort d’Hergé et son mariage avec sa veuve Fanny Remi, détenteur des droits de Tintin, Jo, Zette et Jocko ou encore Quick et Flupke.

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* cité par Benoît Peeters, in Hergé, Fils de Tintin, Paris : Flammarion, « Champs », 2006, p. 596.

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